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Québec Cinéma

Arrêt temporaire des projections de l'Excentris

Jeudi, 26 novembre 2015

Mardi 24 novembre 2015. Un communiqué de presse émis par le C.A. de Cinéma Parallèle nous confirme l'arrêt temporaire des projections publiques du cinéma Excentris. Si nous sommes attristés face à ce coup dur porté au cinéma d'auteur québécois et international, nous tenons en premier lieu à témoigner notre solidarité envers les auteurs qui trouvaient là l'une des seules options disponibles pour diffuser leurs œuvres, envers les cinéphiles qui fréquentaient les lieux, et aussi envers la vingtaine d'employés directement touchés par cette fermeture. [1]

Devenu plus que des partenaires pour Québec Cinéma et pour bien d'autres organismes, festivals ou distributeurs, l'Excentris était un complice dévoué à la promotion du cinéma québécois, résolument engagé dans la défense de la diversité culturelle. Depuis sa fondation en 1999, et sa renaissance en 2011, l’institution emblématique du Boulevard St-Laurent a tenu le fort pour pouvoir offrir contre vents et marées une programmation éclectique et allumée, composée d'œuvres pour la plupart invisibles autrement.

Cette place forte des cinématographies nationales, une denrée de plus en plus rare à Montréal, était aussi l'un des partenaires majeurs de nombreux auteurs indépendants québécois. Denis Côté, Maxime Giroux, Rafaël Ouellet, et tant d'autres y ont présenté leurs premiers films. Rien que cette année, L'amour au temps de la guerre civile de Rodrigue Jean, Transatlantique de Félix Dufour-Laperrière et Nouvelles, Nouvelles d'Olivier Godin y ont trouvé refuge. Des œuvres aussi indispensables que représentatives de la diversité de notre cinéma.

Du côté du documentaire, québécois et international, la mission de l'Excentris s'est révélée tout aussi essentielle pour bon nombre d'artisans et de distributeurs. Au début des années 2000, un nouveau programme d’aide de la SODEC favorisant le documentaire de long métrage était lancé. L’Excentris s’est alors lancé dans sa diffusion et a réussi à tisser des liens forts avec l’industrie. De film en film, il est ainsi devenu un lieu incontournable pour le lancement d’une importante part de la production documentaire québécoise. [2]

Mis devant le fait accompli de cette fermeture, plusieurs distributeurs ont du ou devront revoir leur stratégie de mise en marché, en se rabattant sur la poignée d'exploitants encore attachés à la cause du cinéma d'auteur. Souhaitons que ces contorsions leur permettent malgré tout de présenter leurs films au public.

Il nous faut maintenant regarder de l'avant et espérer que des solutions pérennes puissent voir le jour dans les plus brefs délais. Pour Montréal, pour les auteurs et les cinéphiles. Pour le cinéma.

[1] : les visionnements en ligne sont maintenus : https://www.onf.ca/excentris - [2] : pour en savoir plus sur l’état des lieux du documentaire au Québec, se référer au dossier spécial consacré sur le sujet par la revue Ciné-Bulles (vol. 33, numéro 3, été 2015) - [3] : photo d'entête : intérieur du cinéma Excentris. Crédit : Suzanne Moss

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